Sortie au festival de la Gacilly

Nous partîmes 5 membres, mais par un prompt renfort (familial), nous nous vîmes… 7, en arrivant à la Gacilly.

Après une route à la météo très… bretonne, les 11 espaces d’exposition s’offraient à nous.

Au programme, Viva Latina !, une sélection de photos sur le (vaste) thème de l’Amérique latine, très centrée sur la vie des peuples du continent et les difficultés qu’ils y rencontrent, soit en raison des conditions difficiles dans la forêt équatoriale ou la Cordillère des Andes, soit à cause des difficultés économiques des peuples autochtones, ou encore des désastres écologiques qui s’y déroulent dans la quasi-indifférence générale.

Masques sur le nez et mains bien hydroalcoolisées, nous voilà donc partis sur les chemins de la Gacilly, bien balisés et fléchés, COVID oblige. Exception qui confirme la règle, la 1ère exposition à se présenter sur notre route nous montre de superbes photos aquatiques de Greg Lecoeur, techniquement impressionnantes et visuellement oniriques. Viennent ensuite, surgies du passé, des photos d’Emmanuel Honorato Vazquez, un photographe équatorien mort en 1924, qui nous font découvrir des habitants surgis du début du siècle dernier, dans de superbes photos noir et blanc marquées par le temps. Retour à notre époque, avec Carolina Arantes avec son reportage sur les ravages de l’expansionnisme agricole au Brésil, et les dégâts que cela provoque chez les pêcheurs et les populations locales de la forêt amazonienne.

Le labyrinthe végétal offre ensuite ses ombres rafraichissantes (enfin, dans le cas présent, plutôt protectrices contre le crachin !) à 3 nouvelles expos, celle de Carl De Souza sur la révolte des populations amazoniennes contre le gouvernement de Bolsonaro à Brasilia, les magnifiques photos aériennes de Martin Bernetti (dont la splendeur sert à mieux dénoncer la pollution et la sécheresse provoquées par les activités humaines au Chili) et le reportage de Pedro Pardo qui documente la lente plongée aux Enfers du Mexique, vers la violence et la pauvreté. Le point commun des ces 3 expos est pourtant l’espoir. Celui que le reste du monde prenne conscience de ces drames cachés pour que les choses changent, enfin.

Après toutes ces émotions, une bonne pause s’impose, et c’est dans une petite crêperie typique qu’un déjeuner bien mérité vient nous réconforter. Alors, je sais, la transition avec ce qui précède est difficile, mais mon métier, c’est pas journaliste, hein !

L’après-midi est consacré aux expos du haut du village. S’enchaînent donc une série de reportages humanistes : Pablo Corral Vega (avec la vie des peuples des Andes dans cet environnement rude), le fameux et superbe reportage de Sebastião Salgado qui nous faisait découvrir dans les années 80 la vie des mineurs de la Serra Pelada par une série de clichés noir et blanc d’une force incomparable, Tomas Munita et la vie des gauchos d’Argentine à la recherche de taureaux sauvages dans les magnifiques paysages de Patagonie, et enfin la vie des apiculteurs du Yucatan bouleversée par l’arrivée des fermiers mennonites, une congrégation religieuse apparentée aux Hamish mais qui pratique la culture sur-intensive et détruit la biodiversité, et en particulier les abeilles qui font vivre les indiens depuis des siècles.

Parmi ces tranches de vie sud-américaines, s’ouvrait également quelques fenêtres sur des réserves naturelles exceptionnelles et proches de nous, puisque toutes situées dans les régions Bretagne et Pays de la Loire, avec les superbes ambiances et paysage d’Emmanuel Berthier.

Il y avait encore quelques lieux un peu cachés parmi les rues et les places de la Gacilly, montrant les travaux de collégiens de la région ou encore de jeunes artistes comme à l’ancien garage. Autant de lieux que nous vous encourageons à découvrir l’année prochaine. Comme nous, vous pourrez terminer votre journée en flânant parmi les ruelles qui abritaient encore d’autres expositions (Cassico Vasconcellos, Marcos Lopez, …), ou en vous arrêtant boire une bière (ou un cidre, on est en Bretagne !), voire même un chocolat chaud pour les moins téméraires. En tout cas, profitez bien de votre journée comme nous avons profité de la nôtre ! A l’année prochaine !

Les photos prises par les membres sont visibles dans la sections Sorties

(et plus d’infos sur https://www.festivalphoto-lagacilly.com/)

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